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A table avec Dominique Bona, autrice

24 sept. 2020 • 3 mins

Un rendez-vous épicurien au Domaine Les Crayères (Reims), véritable moment intime et convivial, où Dominique Bona, femme de lettres et membre de l’Académie Française, livre ses petits secrets et ses premières émotions autour du champagne à Gérard Lemarié, philosophe rémois, pour Grappers.

Lauréate du prix Renaudot en 1998, elle nous livre ses récentes impressions issues de rencontres avec le Champagne Laurent-Perrier Rosé, accompagné de l’œuf mollet rouge écarlate, caviar prestige, gnocchis et champignons "boutons" et la goutte craquante de fromage blanc, fraîcheur de citron au poivre voatsiperifery.

Quelle est la grande émotion que vous avez pu ressentir avec le champagne ?

Dominique Bona : Synonyme de grandes émotions, il ne s’ouvre que pour un évènement familial ou amical. Tradition initiatique car déposé sur ses lèvres, il est le premier goût d’un nourrisson, de celui que je fus. À sa manière, il procure une émotion artistique, surtout en ce qui me concerne autour du champagne rosé, qui évoque comme la robe d’une princesse, la couleur du jour dans « Peau d’âne ». Il est l’existence apprivoisée dans des bulles qui changent la vie, le paysage, car il combat le gris de l’existence. La tristesse ne peut pas résister à quelques gouttes de champagne. 

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Symbole de partage, avec qui auriez-vous aimé partager celui-ci ?

Dominique Bona : Le champagne doit être délicieux, il ne supporte pas la médiocrité. J’ai appris à le déguster, car il est subtil. Il doit être douceur et raffinement. J’aurais aimé partager ce Champagne Laurent-Perrier avec l’écrivain Colette, car gourmande, sensuelle, et voluptueuse ou encore l’artiste de la lumière et peintre impressionniste Berthe Morisot, associée à l’élégance, à l’art de vivre, dont le rose était la couleur préférée.

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Convivialité de mise, quelle aurait été la table idéale pour partager ce moment ?

Dominique Bona : Ce serait amusant de réunir à la même table, les héroïnes de mes biographies : avec Colette et Berthe Morisot, Camille Claudel, Clara Malraux, Gala Dali et Yvonne Rouart. Soit six femmes, plus moi, leur biographe, sept. J’inviterais alors un homme dont j’ai aussi écrit la biographie, un écrivain bien sûr, pour qu’il soit le centre du cercle, la star incontestée : Stefan Zweig. Nous serions huit à table : mon chiffre fétiche. Celui de l’infini, mais aussi celui du rêve.

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Si vous aviez à donner un nom à une cuvée ?

Dominique Bona : Cette cuvée serait avant tout un vin exceptionnel, presque un chef d’œuvre dont le nom pourrait être « La naissance du jour », le titre d’un roman de Colette. Ce champagne Laurent Perrier, par ailleurs, de par sa couleur illustre à merveille cette lumière du matin.