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Charline Drappier, fille spirituelle de Frank Capra

14 sept. 2020 • 2 mins

Chargée du développement aux États-Unis pendant 2 ans, après une formation littéraire et commerciale, Charline a quitté New York pour regagner la Côte des Bar. La rupture qu’implique ce nouveau challenge n’a en rien entamé son enthousiasme et elle partage désormais son temps entre ses déplacements à l’étranger et sa présence à Urville.

Si les moines cisterciens de Clairvaux, qui occupaient autrefois les lieux, avaient pu croiser Charline Drappier dans les superbes caves voûtées du XIIe siècle de la maison d’Urville, nul doute que leur foi en la famille, une et indivisible, en eut été renforcée. À moins qu’ils n’aient choisi, sur un coup de tête, de lancer leur robe de bure aux orties pour se jeter à ses pieds. À 30 ans, la Directrice Générale Adjointe de la maison d’Urville allie l’énergie propre à la jeunesse à ce capital de sympathie qui semble être l’ADN des membres de la famille, du grand-père André en passant par les parents, Sylvie et Michel, ainsi que leurs trois enfants, Charline, Hugo et Antoine.

Passer un après-midi à Urville, c’est renouer avec l’ambiance des fables humanistes de Frank Capra avec Gary Cooper dans L’Incroyable Mr Deeds (1936) : l’humanité, la générosité, le goût pour la nature et l’amour de la famille renvoient les interlocuteurs mal intentionnés à leur propre faille. Charline a été nourrie au lait de cet humanisme que certains peuvent trouver naïf alors qu’il s’agit simplement de rester sensible dans un monde où l’autre est vécu comme un concurrent, voire comme un étranger qui menace vos valeurs.

« Nous sommes une grande petite maison de champagne (55 hectares en propriété et 50 hectares en contrats associés), explique Charline, à mi-chemin entre l’univers des champagnes de vigneron, dont nous venons, et celui des grandes maisons avec leurs codes (prestige, luxe, collaboration artistique), qui ont fait la réputation du champagne dans le monde. Nous essayons, avec nos modestes moyens, de faire cohabiter ces deux univers ».
Charline Drappier

Les moyens pour faire passer cette image de sérieux et de qualité – Drappier est l’une des premières maisons à avoir lancé un brut nature sans sulfites et à être éco-responsable (empreinte carbone nulle et autosuffisante à hauteur de 75% en électricité grâce aux panneaux photovoltaïques et l’utilisation d’une pompe à chaleur) – ne passent ni par la publicité ni par des campagnes marketing mais par la multiplication des dégustations avec les clients.

« Nous ne confions pas notre message à des spécialistes de la communication, sourit Charline, nous n’en avons pas les moyens. Mon père a dessiné lui-même notre nouvelle bouteille et je l’ai épaulé pour concevoir l’étiquette. Nos vins ont une forte personnalité, liée à la dominante de pinot noir, et une histoire à raconter. Ils viennent d’un lieu précis, sont produits par une famille qui a une longue histoire et une idée du vin qu’elle défend. C’est ce qui nous distingue et ce que nous essayons de faire connaître ».