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Des bulles oui, mais vertes s’il vous plait

24 sept. 2020 • 3 mins

Agroferesterie, permaculture, préservation des sols, certifications environnementales, viticulture durable ou bio, traitement des effluents… la Champagne avance sur le chemin de l’écologie et du respect de l’environnement.

Et oui les consommateurs veulent de plus en plus boire bon et en plus éco-responsable si possible. En terme de chiffres il faut le dire à première vu, ça le fait. Petit tour d’horizon des initiatives avec le Comité Champagne :

En synthèse :

Au total ce n’est pas moins de 27% des surfaces qui bénéficient d’une certification environnementale

Faut-il s’en réjouir ? Certainement, car tous les efforts sont à saluer bien évidement. Bien qu’il faille modérer les effets d’annonce car à titre d’exemple en HVE et en Terra Vitis les produits chimiques de synthèse sont autorisés, et en bio rien n’oblige le producteur à réduire son bilan carbone.

Le mouvement est enclenché et le consommateur, soucieux de sa santé et un peu secoué par les scandales sanitaires récurrents, demandera de plus en plus de garantie sur ce qu’il consomme et sur la préservation de l’environnement.

Aller plus loin prendra du temps de par la nature même de la structure de production qui valorise le style « maison » que l’on retrouve d’une année à l’autre. Pour se faire caves coopératives, 9 % des vins commercialisés, et grandes maisons, 72%, vont assembler divers millésimes, divers cépages provenant de divers « fournisseurs ». Difficile d’exiger et de mettre en place une obligation de production durable à ces apporteurs de raisins.

Par contre l’émergence de cuvées parcellaires permet un revirement des mentalités et de cibler une production plus écolo. Le consommateur ayant la genèse du lieu spécifique de production se sent rassuré. A titre d’exemple Canard Duchêne l’a bien compris en nommant sa cuvée bio « Parcelle 181 ». Roederer passe quant à lui son domaine en biodynamie, quand Drappier compense à 100% son bilan carbone. 

Aujourd’hui d‘autres alternatives commencent juste à pointer le nez. Et quelques producteurs se lancent dans l’agroforesterie. C’est une toute autre vision de la viticulture et un défi des plus prometteurs. Il ne s’agit pas seulement d’être en bio, en HVE ou en label « terras vitis » mais de mettre en place une viticulture qui nécessite le moins d’intervention en recréant un écho système qui s’auto-régule au maximum. Planter des arbres par exemple, outre l’effet de régulation thermique, permet d’avoir des chauve-souris et des oiseaux friands d’insectes pouvant être nocifs pour la vigne. Jérome Courgey (ancien Responsable vignoble Lanson) vient de créer l’association « Arbre et paysage » pour aller plus loin que le bio et la biodynamie. « L’agroforesterie permet d’avoir une viticulture durable et résiliente » nous dit il.

Dans cette mouvance on peut citer Lanson et sa cuvée green label. Un savant mélange de bio, de biodynamie et d’agro écologie sur un mono cru issu d’un parcellaire. D’autres expériences voient le jour comme le champagne Vincent Cuillier à Pouillon dans le 51 ou encore ceux de A.Pouillon à Mareuil-sur-Aÿ. D’autres encore, à l’instar de Bougeois-Diaz, Emilien Feneuil, Benoit Dehu…entament aussi cette réflexion afin de produire des cuvées encore plus proches de la nature pour une Champagne encore plus verte.