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Il était une fois... Taittinger

24 sept. 2020 • 6 mins

Fière de son indépendance retrouvée, Taittinger brandit ses vins au sommet des Maisons de Champagne. La dynastie se double ici d’un empire, incarné par des personnages hauts en couleur - Pierre-Emmanuel, Clovis et Vitalie - héritiers de héros visionnaires toujours maîtres de leur destin. Le second chapitre de l’histoire de la marque, riche et palpitant, la propulse au firmament de la Champagne. Éblouissant !

Taittinger : le temps des bâtisseurs

Dans la famille Taittinger, je demande la fille. Vitalie est l’égérie de la Maison, de son image et de son incarnation. Présidente, mais pas du genre rangée pour autant - en apparence seulement - pétrie d’un tempérament de conquérante, de femme libre et d’aventurière, elle est élevée dans les valeurs de la famille : l’honneur, l’indépendance et la droiture. Amoureuse des vins et de la Champagne avant tout, elle est une amazone des temps modernes, dissimulant sous une mise impeccable, le caractère anti-conformiste de ses ascendants. « J’aime les vins sensuels » affiche t-elle dans un sourire. Un arrière-grand-père héros de la libération de Paris, un grand-oncle bâtisseur, à l’origine de la constitution du vignoble Taittinger et du développement de la Maison, un grand-père édile et secrétaire d’État, tout entier dévoué à la cause de ses concitoyens et parfaitement droit dans ses bottes. Vitalie a repris à son compte les vertus d’intransigeance, de création et d’excellence de la lignée. Elle associe sagement son visage à la marque, mais elle bouillonne aussi de cette même folie créatrice qui a conduit son père à battre Goliath sur son propre terrain…

Dans la famille Taittinger, je demande le fils. Clovis, sacré ambassadeur de la Maison rémoise, il a mis ses pas dans ceux de son père en 2007 et a pris son bâton de pèlerin pour parcourir les continents en bon pâtre, usant ses souliers dans les 140 pays dans lesquels Taittinger est présent. Actuel Directeur Général, il est un maillon fort du projet familial. Discret, moins exubérant que son père, il partage avec lui ce sens inné du partage et de la fidélité.

Dans la famille Taittinger, je demande le père. Aujourd’hui Président d’honneur, Pierre-Emmanuel est la figure tutélaire, auréolé de gloire depuis qu’il a arraché sa propre Maison aux griffes du fonds américain Starwood Capital qui la lui avait soutirée un an plus tôt. C’était en 2006 et cet ultime fait d’armes marqua le commencement d’une nouvelle ère. Abîmée par des dissensions internes, la famille Taittinger avait troqué son patrimoine (une pléiade de pépites hôtelières dont Le Lutétia, le Crillon, le Martinez, mais aussi Baccarat et les parfums Annick Goutal, entre autres) contre monnaies sonnantes et trébuchantes : 2,4 milliards d’euros que se partagèrent les 45 héritiers. Attristé et réduit en spectateur de sa propre ruine - « Je l’ai vécue comme une tragédie personnelle » concède-t-il -, Pierre-Emmanuel Taittinger monta secrètement une candidature de rachat et partit à la reconquête de son histoire. On le traita de fou mais "David" l’emporta, au nez et à la barbe de "Goliath" beaucoup plus gros que lui, soutenu par le Crédit Agricole régional et les viticulteurs fidèles. Cet homme intuitif, embarqué dans l’aventure en 1976 comme simple vendeur à Chamonix, a toujours fait selon son cœur. Il a 23 ans et gravira tous les échelons de la société. Depuis, celui qui se définit comme un homme de foi et de devoir, semble animé d’une force viscérale, protégeant sa Maison et en perpétuant les valeurs. Honneur, héritage et fidélité : ce sont les points cardinaux de cette Maison pas comme les autres, habitée des esprits poètes et conquérants de ses fondateurs.

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