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La Champagne passe au vert

23 sept. 2020 • 9 mins

Le vert, dit-on, porte la couleur de l’espoir. Qu’en est-il alors en Champagne parmi ceux et celles qui cultivent le vignoble, trop souvent accusés d’avoir recours à la chimie pour protéger leur récolte. Culture bio, biodynamie, viticulture durable et certifiée : de nombreuses pistes existent pour défendre et promouvoir une approche plus respectueuse de la nature. Animé par Pierre Guigui, notre expert Grappers, le débat est ouvert.

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La part de la culture bio dans la SAU (Surface Agricole Utile) en Champagne est de 1,5% et de 14,5% en Alsace, comment expliquer ce retard ?

Benoît Lahaye : La perte de rendement peut être un facteur, mais elle reste surtout visible au démarrage. Ce n’est pas la culture en bio qui est responsable de la perte de rendement mais le travail du sol. Le changement climatique peut décourager certains, la Champagne reste une région septentrionale, cela m’a toujours freiné en bio. Il faut accepter la phase de conversion, d’un travail du sol différent et laisser la nature se faire. C’est normal, tu coupes l’alimentation en surface, il faut lui laisser le temps, tout dépendra aussi des années. Avec des années comme 2017, et celles à venir, cela devient compliqué. Avec le temps, j’ai appris à utiliser moins de produits, à travailler plus avec des engrais verts. En dehors du cuivre (5 kg en 5 ans), ma volonté aujourd’hui est d’être encore plus propre, de prolonger plus en avant mes efforts. La réserve en champagne permet aussi de pouvoir pallier aux aléas du climat, c’est une soupape que l’on a, ce qui me permet de voir les choses différemment.

Thibaut Le Mailloux : Les étapes cycliques de la météo, le mildiou, tout ce qui est intrinsèque à la vigne peut être redoutable les premières années et même après. Le bio peut effectivement faire peur. Il y a aussi en Champagne, le morcellement des parcelles. Une petite parcelle mal exposée (moins de 50 ares), sera plus difficile à gérer. La certification en bio souffre aussi de ces paramètres. Les dérives des voisins sont fréquentes, ce qui ne permet pas de remplir les critères dans leur intégralité.

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Quelles sont vos démarches pour aller vers des pratiques plus vertueuses ?

Fabrice Rosset : Il faut mettre les moyens au service des ambitions. Il faut que les leaders puissent ouvrir la voie. C’est un véritable engagement au dialogue, un processus de proximité qui s’est profilé avec l’arrivée de Cédric (Service Vignoble). Les réunions techniques sont périodiques, organisées tous les trimestres entre les intervenants de la Maison, afin de les appuyer au quotidien de manière à leur apporter des réponses et ouvrir leur dialogue. La réalisation du bilan carbone a elle aussi été effectuée. Les vignerons avancent beaucoup plus vite si, et seulement si, ils sont accompagnés. La volonté a été de créer des échanges pour amorcer le futur de ce qu’est et devra être la viticulture. L’idée d’une communauté est amorcée, il faut lui injecter les moyens nécessaires à sa progression.

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