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Le bio, une transition faite avec brio en Champagne

21 janv. 2021 • 3 mins
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Team Grappers

Bio, c’est bon. Les Maisons l’ont bien compris : préoccupation des consommateurs, enjeux environnementaux, ou tout simplement une volonté sincère de faire une croix sur une viticulture intensive les dirigent vers cette décision. Les motivations peuvent être diverses et variées.

L’initiative est prise depuis longtemps par bon nombre de vignerons. C’est d’ailleurs en 1998 qu’est créée l’Association des Champagnes Biologiques (ACB) par des précurseurs dans le domaine. L’ACB regroupe aujourd’hui plus de 110 adhérents partageant les mêmes convictions : offrir le meilleur de la diversité des terroirs de la Champagne dans le respect de l’environnement.

Mais du côté des maisons, les changements, en particulier ceux orientant vers une viticulture biologique, demandent plus de temps. « Pourquoi ? » me direz-vous. La réponse : leurs vignobles sont bien plus conséquents, et leurs approvisionnements difficiles à faire évoluer ou remplacer.
Car en effet, si la conversion en Bio est un défi, elle l’est davantage pour les grandes Maisons.

La première Grande Maison de Champagne qui franchit le cap, Louis Roederer.

Fondée en 1776, la maison Roederer possède aujourd’hui un vignoble 242 hectares qui se répartit sur la Montagne de Reims, la Vallée de la Marne et la Côte des Blancs.
2021, c’est son année. Effectivement, c’est en 2018 que la maison s’est engagée dans un processus de certification en agriculture biologique sur la moitié de son terroir, soit 115 hectares. La conversion prend à minima trois années pour obtenir la certification tant convoitée, c’est donc en 2021 que la maison pourra profiter de ces raisins 100% certifiés Bio. « C’est une conviction profondément ancrée dans ma famille depuis des générations que nous devons tout à la Nature et que c’est en lui apportant toujours plus d’écoute, d’attention et de soins qu’elle nous fait ce cadeau d’un terroir au plus haut de son expression, promesse de grands vins » a déclaré Frédéric Rouzaud, PDG de Louis Roederer.

La conversion au bio, plus qu’une tendance.

Vient ensuite Pommery, qui a entamé il y a peu la conversion en bio de la majorité de son vignoble, soit 175 hectares sur les 285 qu’elle possède.
Ce projet a été mûrement réfléchi et est l’aboutissement de nombreuses années d’expérimentation à grande échelle sur l’ensemble de leurs vignobles. Cette décision renvoie à la philosophie et la volonté du groupe Vranken-Pommery et de son Président Paul-François VRANKEN, qui a déjà plus de 2000 hectares certifiés ou en conversion dans d’autres régions viticoles de la France et du Portugal (Camargue, Provence, Douro). Cela demande une adaptation des vignobles et des structures.

Ces choix, même s’ils demandent une adaptation conséquente des vignobles et des structures, permettent d’obtenir des raisins d’une plus belle qualité, sublimant ainsi davantage le terroir, et l’emportent sur la baisse de rendement qu’ils engendrent.

Les grandes maisons se lancent donc dans cette démarche. Quelles seront les prochaines ? Le bio deviendra-t-il la norme ? Le temps nous le dira.