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Le retour aux anciennes méthodes de vinification

24 févr. 2021 • 4 mins

Depuis plusieurs décennies, une nouvelle génération de vignerons champenois remet au goût du jour des techniques de vinification ancestrales.

Comment retranscrire au mieux l’expression du terroir dans ses propres vins ? En Champagne, comme dans d’autres régions viticoles, nombreux sont les vignerons qui tentent de répondre à cette épineuse question.

Avant toute chose, essayons de définir la notion de terroir. Souvent galvaudé et mis en avant comme un argument commercial, le terroir se compose d’un ensemble de parcelles regroupées en un lieu-dit sur le même type de sol et au sein d’une même région viticole.

Reprenons le fil de notre histoire. « Le champagne est un vin d’assemblage » rappelle Marie-Laure Copinet, vigneronne talentueuse du Sézannais. « On assemble plusieurs parcelles afin d’obtenir un style qui représente le savoir-faire d’une maison ».

Grâce au travail de nombreux vignerons qui décident chaque année de lancer leurs propres cuvées, des personnalités et des styles émergent. Etienne Calsac incarne cette génération enthousiaste qui bouscule la Champagne.

Oubliez les belles caves souterraines chargées d’histoires ornées de craie ; ici le bâtiment est modeste, bâti à la lisière d’un supermarché. « En m’installant, j’ai su dès le départ que je voulais travailler les cépages oubliés » raconte le jeune trentenaire. L’arbane et le petit meslier, ces anciens cépages encore confidentiels, retrouvent une seconde jeunesse. Comment sont alors vinifiées ces différentes cuvées qui procurent un style unique ? « Pour ma cuvée les Revenants, j’assemble trois cépages dans une seule barrique (600 litres) » précise Etienne Calsac. « Après un élevage de 7 mois, il patientera deux ans en cave ».

Terres de Champagne
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Chez les Copinet, Alexandre et Marie-Laure privilégient le foudre pour une meilleure oxygénation et plus surprenant, l’œuf. « Cette année, nous lançons une cuvée 100 % chardonnay plantée sur un sol argileux, élevée dans un œuf en argile » annonce fièrement Marie-Laure. Un procédé qui permet au vin d’évoluer dans son milieu naturel.

Poursuivons notre exploration des anciennes techniques de vinification.

Au cœur de la Montagne de Reims, un couple d’autodidactes curieux de tout, vinifie un grand cru méconnu, celui de Puisieulx. Aurore Casanova et Jean-Baptiste Robinet travaillent et élèvent les chardonnays et les pinots séparément. Afin de ne pas marquer leurs vins, ils utilisent de vieilles barriques et laissent la première fermentation se faire naturellement. « L’usage de la barrique à bon escient permet d’aller plus loin dans la retranscription de nos sols » explique Aurore, ancienne danseuse professionnelle.

Des hommes et des femmes riches de leurs expériences passées à travers le monde, prônent désormais une viticulture durable, offrent une expérience gustative nouvelle qui met en avant des typicités de sols. Les grandes maisons n’ont plus le monopole du terroir, et une nouvelle génération arrive pleine d’enthousiasme, déterminée à mettre en avant des cépages autrefois oubliés.

Nos Cuvées coup de cœur

Champagne Etienne Calsac, « les Revenants »

Un assemblage détonnant de trois cépages : le pinot blanc, l’arbane et le petit meslier. Une cuvée confidentielle (800 bouteilles) mais qui montre qu’un champagne est avant tout un grand vin. Le nez est frais, il évoque les fleurs blanches, l’attaque en bouche est incisive avec de la gourmandise, quelle élégance !

Prix : environ 80 €

Champagne Marie-Laure Copinet, « Argilla-Villonissa »

Une réussite totale pour ce champagne qui respecte le sol dont il est issu. Planté sur un terroir argileux, on retrouve en bouche cette texture poudrée légèrement fumée, la bulle est fine. Un vin d’artisan qui se suffit à lui-même.

Prix : environ 60€