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Maison Belle Époque : l'Art Nouveau à tous les étages

15 sept. 2020 • 3 mins

L’une des plus importantes collections privées de décors, mobiliers et objets Art nouveau se rencontre à Épernay, au creux de la Maison Belle Époque, propriété du champagne Perrier-Jouët. La rénovation, achevée il y en 2017, exalte ce précieux héritage.

En lien avec le Champagne

Inscrite depuis 2015 sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, l’avenue de Champagne à Épernay est un festival d’hôtels particuliers et de belles demeures qui, parfois avec ostentation, racontent l’âge d’or des premières maisons de négoce champenoises. Entre cour et jardin, la Maison Belle Époque se distingue par sa sobriété architecturale. Le comble du raffinement se trouve à l’intérieur, dans l’harmonie des pièces récemment recomposées, et dans l’éclatant hommage à l’Art nouveau qui y est rendu. « La restauration minutieuse que nous avons menée entre 2015 et 2017 a permis de rétablir le lieu dans sa vérité originelle et de remettre en beauté une collection exceptionnelle, mais aussi de faire ressortir le lien de ce joyau du patrimoine avec le champagne », souligne Axelle de Buffévent, directrice de style chez Perrier-Jouët.

Une Maison à vivre

Les affinités profondes et durables que la maison de champagne a développées avec l’Art nouveau se sont nouées dès le début du XXe siècle. Sur commande des Gallice, grands amateurs d’art qui ont succédé par alliance aux fondateurs, Emile Gallé va créer, en 1902, pour quatre magnums, un motif d’anémones blanches du Japon. Celui-ci deviendra, soixante-deux ans plus tard, l’inspirateur et l’emblème de la première cuvée Perrier-Jouët Belle Époque. Réservée à un usage familial, la demeure de l’avenue de Champagne a commencé à recevoir, à partir de 1980, les grands amis de la marque. Cette logique d’accueil sélectif, qui fait de la Maison Belle Époque une résidence à vivre aussi remarquable que chaleureuse, a toujours cours.

Ouverte à l'Art Contemporain

Les invités peuvent déguster un champagne de prestige dans le salon Majorelle, porter un toast à la chanteuse Yvette Guilbert, immortalisée par Toulouse-Lautrec, dîner sous les panneaux en cuir de Cordoue et profiter de l’une des cinq chambres à l’étage, dont l’une possède un lit 1910 signé Hector Guimard. « Ailleurs, ce chef-d’œuvre absolu serait dans une vitrine. Ici, on dort dedans », jubile Axelle de Buffévent. Une lampe de Raoul Larche, inspirée de la danseuse Loïs Fuller, a récemment enrichi la collection. « Pour ne pas la figer dans un héritage passéiste et poussiéreux », Perrier-Jouët ouvre aussi la Maison Belle Époque aux artistes contemporains, à l’image de Ritsue Mishima qui a posé son empreinte dans le nouveau bar et du duo Mischer’Traxler, auteur d’une installation tabulaire qui dévoile sa magie dans un élégant couloir.