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Retour vers la Champagne

6 janv. 2022 • 5 mins
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Assistant commercial

Faut voir grand dans la vie, quitte à voyager à travers le temps au volant d’une voiture, autant en choisir une qui ait d’la gueule !” Il a bien raison Doc ! Alors, comme lui, on vous embarque dans notre Grappers Car pour une remontée dans le temps digne de ce nom à travers les grandes innovations qui ont marqué la Champagne. Après avoir lu cet article, on vous le promet, vous pourrez briller en soirée (et pas qu’avec des répliques cultes de Retour vers le Futur !)

1816 : La Veuve Clicquot remue la Champagne

Premier arrêt en 1816 pour rendre visite à Barbe Nicole Clicquot. Une Grande Dame comme elle, ça en impose ! Il faut dire qu’à cette époque, peu de femmes dirigent les Maisons de Champagne. Femme d’affaires hors du commun, notre Veuve Clicquot est aussi et surtout une femme audacieuse et ingénieuse. Elle est l’inventrice de la table de remuage, un outil indispensable pour faire descendre le dépôt du vin dans la bouteille avant le dégorgement. Rapidement adoptée par tous, puis petit à petit remplacée par les gyro-palettes*, la table de remuage est encore parfois utilisée pour les grandes cuvées. 200 ans après, on lui tire notre chapeau !

*Pour en savoir plus sur les gyro-palettes, rendez-vous en 1973

1864 : Un peu d’huile de coude 

Rendez-vous 50 ans plus tard pour rencontrer M. Michelot, l’inventeur du pupitre. Inspiré par la table de remuage de la Veuve Clicquot, il dépose le brevet pour une invention révolutionnaire qui donne naissance au métier de remueur. Et comme rien n’était automatisé à l’époque, les remueurs devaient décoller le dépôt de la paroi des bouteilles et effectuer une double rotation tout en faisant descendre le dépôt vers le goulot et en inclinant progressivement la bouteille grâce au pupitre. Les meilleurs d’entre eux pouvaient remuer entre 75 000 et 80 000 bouteilles par jour. Autant vous dire qu’il fallait avoir un sacré « coup de poignet ».

1889 : L’épopée du foudre Mercier 

Pour ce prochain arrêt, il nous faudra tout de même près de 20 ans de patience. La construction du foudre d’Eugène Mercier – le plus grand jamais vu à l’époque – commence en 1870 pour s’achever en… 1885 ! Il sera rempli durant les vendanges 1887 de 1600 hectolitres de vin, réalisant plus grand assemblage jamais réalisé. Il aura fallu seize années à Eugène Mercier pour que son invention soit prête pour l’Exposition universelle de 1889. Mais le plus dur reste à faire : transporter ces 20000 kg jusqu’à Paris. Et tenez-vous bien : malgré les douze paires de bœufs et les dix-huit chevaux qui tirent le géant, Eugène Mercier doit racheter des immeubles à l’entrée de Paris et les faire raser pour passer ! Et malheureusement, le foudre d’Eugène Mercier ne remportera que la deuxième place de l’Exposition Universelle, la première étant attribuée à… la Tour Eiffel !

1920 : Et moi pendant c’temps-là, j’tournais la manivelle  

Changement de siècle pour assister au début de l’automatisation avec l’invention du pupitre à manivelle ! Les bouteilles entreposées sur des tablettes sont remontées à la verticale à l’aide d’une manivelle, ce qui facilite grandement la tâche de nos amis vignerons qui peuvent remuer 108 bouteilles à la fois. Un gain de temps colossal ! Il finira tout de même par être remplacé par le gyro-palette, plus abouti et plus performant, aujourd’hui monnaie courante dans toutes les Maisons de Champagne.

1973 : La révolution du gyro

Le gyro-palette, c’est une petite révolution en Champagne, surtout dans les années 1970 ! On doit cette invention à Jacques Ducoin et à Claude Cazals qui développent un système automatique de caisses à remuer le vin. Le gyro fait mouche et se généralise au début des années 1980, marquant un tournant dans le processus d’élaboration du Champagne. Son dernier brevet date de 1983 et les 20 années de protection étant désormais révolues, il y a fort à parier que la concurrence devrait s’intensifier dans les années à venir…

2018 : BAKUS, l’enjambeur qui en jette 

Dernier stop avant de rentrer à la maison… L’année 2018 et la naissance du robot BAKUS (Vitibot). Après des mois d’études, Cédric Bache et son équipe présente au salon Terre Innovation, à Reims, un emjambeur mono-rang (qui ne passe que dans une seule route de vignes, pour les novices) d’un nouveau genre : 100% électrique et autonome ! Les démonstrations de BAKUS ne passent pas inaperçu dans le monde viticole et est vite adopté par les vignerons de nombreuses régions. On le retrouve par exemple chez Vranken en Champagne, au Château Garraud à Bordeaux, ou encore au Domaine Louis Moreau à Chablis.

2021 : TRAXX, un bijou de technologie 

Ça y est Doc, on rentre ! Après une épopée riche en histoires, retour en 2021 pour assister à la naissance de TRAXX, le dernier robot enjambeur révolutionnaire, présenté pour la première fois au salon SITEVI 2021 par la société Exxact Robotics. Plus technique encore, TRAXX semble être un allié de taille pour les vignerons, à la fois dans les travaux du sol et de traitements de la vigne. Le petit plus ? Il faut compter 126 000€ pour ce petit bijou de technologie, ce qui en fait un des moins chers du marché !

Ce retour vers la Champagne s’achève… Et si après ça, vous n’êtes pas incollables sur les innovations qui ont marqué la Champagne, on rend notre tablier !