taittinger-conte-de-champagne-on-a-vu-la-fee-clochette-a-saint-nicaise

Taittinger : Conte de Champagne, on a vu la fée Clochette à Saint-Nicaise

24 sept. 2020 • 3 mins

Est-ce une apparition éphémère qui ne dure que le temps d’une vie de libellule ? Des manifestations étranges ont lieu dans les murs de la maison Taittinger. Elles semblent se reproduire à chaque fois que l’on débouche un flacon de Comtes de Champagne. Enquête.

La fée Clochette virevolte dans le calice du verre, soulevée par un fin cordon dont les bulles éclatent à la surface, provoquant un doux zéphire sur ses ailes translucides. Ici, nul capitaine Crochet pour venir gâcher la fête. Car il s’agit toujours d’une fête lorsqu’on débouche un flacon de Comtes de Champagne. Peter Pan veille au bon déroulement de l’opération. Intronisé en ce joli mois de mai, il se présente sous les traits d’Alexandre Ponnavoy, Chef de caves de la maison Taittinger. Mais la jeunesse de ses traits le trahit : il s’agit bien de Peter Pan.
Comme la cuvée qu’il couve de son regard, et qui semble traverser le temps sans en subir les outrages, il affiche l’enthousiasme de l’enfance, cet autre nom de la liberté, de l’aventure et de la découverte.

Dès la première gorgée, la cuvée Comtes de Champagne 2007 réveille en nous cet incroyable rêve : cette délicieuse fraîcheur, ces arômes de poire et d’agrumes, cette caresse saline, n’est-ce pas celle d’un élixir de jouvence ? En buvant ce breuvage fleurant la craie des meilleurs terroirs de la Côte des Blancs, l’horloge s’arrête. Mieux, elle remonte le temps, une nouvelle vigueur infuse nos veines. Assurément, il y a du génie dans ce vin. Ce génie, dont Baudelaire disait « c’est l’enfance retrouvée à volonté ».

Peter Pan, pardon, Alexandre Ponnavoy, ne cache pas son bonheur. Après trois années d’apprentissage auprès de Loïc Dupont, qui a élevé et façonné les vins qui composent la cuvée Comtes de Champagne 2007, il raconte son émotion de « rentrer dans l’histoire d’une grande maison, de s’imprégner de son style, de son univers ». Sans doute avait-il aperçu furtivement, au détour d’une allée, dans la lumière tamisée des caves de l’ancienne abbaye Saint-Nicaise, la fée Clochette cachée derrière un fût ou perchée sur un pupitre. Depuis, l’expérience se vérifie. À chaque fois qu’il débouche un flacon de Comtes de Champagne, la magie opère. La revoilà, gracile et éphémère, nous invitant au partage et au plaisir de boire un vin rare qui reposait depuis une dizaine d’années en cave, dans l’attente du jour où il pourrait enfin libérer ses arômes. Et réveiller en nous des émotions que nous pensions avoir oubliées.