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Tonnellerie : le merrain fait de la résistance

16 sept. 2020 • 1 min

Jérôme Viard et Denis Saint-Arroman ont été, à leur manière, des précurseurs. Il fallait être motivé et déterminé pour créer, en 1998, une tonnellerie en Champagne quand les vignerons jetaient fûts et tonneaux aux orties pour les remplacer par des cuves en ciment et, surtout, nec plus ultra, en inox.

Il est vrai qu’à l’époque, la connaissance des merrains n’était pas aussi poussée qu’aujourd’hui et que l’hygiène des vieux fûts laissait parfois à désirer. Mais les deux compères avaient pressenti, avant les autres, ce retournement des comportements avec l’arrivée de la jeune génération qui semblait vouloir faire table rase du passé proche, en prenant des options opposées à celles de leurs parents. Ils avaient compris et expérimentés, grâce à une petite avant-garde de vignerons de haut vol, que l’échange entre le vin et le bois pouvait conférer une plus grande complexité et une profondeur supplémentaire à leurs vins, à condition d’en maîtriser parfaitement l’élevage.

Le moment idoine pour les deux tonneliers d’apporter une réponse moderne à ce retour vers la tradition de leurs grands-parents. Vingt ans plus tard, ils comptent près d’un millier de clients qu’ils ont su séduire par leurs idées innovantes, comme la chauffe alternée des fûts, et un travail personnalisé quant à l’origine et la typicité des merrains. Signe de reconnaissance, ils ont décroché en 2006 le label Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV) et quittent aujourd’hui leurs locaux historiques, d’où sortent mille barriques par an, pour un atelier plus vaste et plus fonctionnel au sein du même village. Joli parcours.