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Vigneron Nouvelle Génération #1 : Hugo Drappier

10 nov. 2020 • 5 mins
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Digital & Sales Manager

La Champagne se rajeunit ! Depuis quelques années, on assiste à une transition générationnelle : les enfants de vignerons s’impliquent de plus en plus dans la gestion des domaines familiaux. Plus concernée par l’environnement, branchée marketing et réseaux sociaux… Place à la nouvelle génération !

Pour ce premier épisode de la série « Vigneron Nouvelle Génération », Grappers a rencontré Hugo Drappier, qui a rejoint la Maison éponyme d’Urville en 2016.

Tombé dedans quand il était petit

Plus jeune, déjà, c’est son grand-père André qui lui transmet sa passion. À 10 ans à peine, Hugo prend plaisir à étudier la vigne et à apprendre les rudiments du métier à ses côtés. « Ce sont des souvenirs qui m’ont très tôt imprégné » dit-il. C’est vers l’âge de 16 ans qu’il s’initie davantage à la partie technique et qu’il finit par s’y consacrer pleinement. Après un bac scientifique, il entreprend des études en viticulture et en œnologie avant de rejoindre la Maison familiale.

J’ai été le premier de la fratrie à vouloir travailler dans le domaine. À cette époque, j’aimais déjà goûter les vins avec mon père, Michel, et apprendre. J’ai commencé à me passionner pour des vins typés, assez différents…
Hugo Drappier

Fun fact : Hugo est né en 1991, connue pour être une des années de vendanges les plus catastrophiques des 50 dernières années. Son arrivée dans le domaine en 2016 a marqué la pire année de vendanges depuis 10 ans, notamment à cause des maladies et du gel. « Je me suis dit que j’avais la poisse », plaisante-t-il. Heureusement, la roue a tourné car depuis, la Champagne connait de superbes vendanges !

Le goût du challenge

En plus d’un patrimoine presque tricentenaire et d’une passion dévorante, Hugo hérite d’un goût prononcé pour le challenge. Et en effet, il participe activement à l’élaboration du vin. Champagnes sans soufre, peu dosés ou issus de vieux cépages… Autant de défis à relever pour ce technicien qui aime sortir des sentiers battus.

D’abord considérés comme des vins de connaisseurs, les Champagnes non ou peu dosés sont aujourd’hui de plus en plus répandus, recherchés et appréciés pour leur côté moins sucré et plus nature. Avec sa cuvée Brut Nature, la Maison Drappier s’est imposée comme un précurseur, sans le vouloir, puisqu’elle cultive cette philosophie depuis plus de 30 ans (1989 pour être exact).

Plus que les tendances de consommation, le commercial ou le marketing, c’est la technique qui me passionne. Élaborer un Champagne non dosé est un exercice très délicat, à la fois difficile et intéressant. Ce n’est pas comme travailler un champagne plus « classique », que l’on pourrait corriger avec un dosage. Le non dosé, c’est un vin sans roue de secours. Il faut penser la totalité du processus d’élaboration dans ce sens. Ce côté défi, challenge, c’est excitant.
Hugo Drappier

Plus récemment, depuis une vingtaine d’années, la Maison a entrepris la culture des cépages oubliés de la Champagne. Un bel hommage à la région, qui s’inscrit encore et toujours dans cette volonté d’innovation par la technicité. « L’idée est venue de mon père et aujourd’hui, c’est moi qui m’occupe de cultiver ces vieux cépages. J’aime particulièrement l’Arbanne car c’est le seul cépage originaire de la Côte des Bar ».

Un petit côté chauvin, Hugo ?

Une histoire de famille

Lorsque l’on parle de la nouvelle génération Drappier, difficile de ne pas citer Charline et Antoine. Les 3 frangins forment une équipe de choc ! Charline est en charge du marketing et de la communication, tandis qu’Hugo s’occupe des vignes et de la vinification. Et depuis deux ans, Antoine, le cadet de la fratrie, les a rejoints. Passionné par la nature et les chevaux, il a monté sa propre écurie, dans laquelle il élève des chevaux de trait qui labourent les vignes familiales. La boucle est bouclée !

Ensemble, les enfants Drappier ont de belles ambitions pour la Maison. Hugo, très sensible à l’environnement, a déjà converti 27 hectares de vignes en bio (dont 17 certifiés). Prochaine étape ? Le 100% bio !

Nous souhaitons passer la totalité de nos vignes en bio, mais nous voulons aller encore plus loin en travaillant avec un impact environnemental et un bilan carbone les plus faibles possibles.
Hugo Drappier

Une belle philosophie incarnée par cette nouvelle génération de vignerons, proches de la nature et soucieux du futur.

La passion du partage

Hugo nous a accordé un moment un peu plus intimiste, au cours duquel il nous parle de ses passions et de ce qui l’anime au quotidien.

Quel grapper es-tu ?

Je suis un épicurien. Au-delà de l’aspect découverte, je recherche l’appréciation du moment et le partage.

Quelle est ta cuvée préférée ? Un plat pour l’accompagner ?

Il est difficile de n’en citer qu’une... Pour l’apéro, je conseille sans hésiter le Brut Nature sans soufre avec un tartare de truite légèrement relevé ou un plateau de fruits de mer. Et pour le repas, la Grande Cendrée avec une volaille à la crème. Cette cuvée est plus complexe, davantage destinée à la gastronomie, et donc parfaite pendant le repas.

Quel est ton moment idéal pour boire une coupe ?

Pour moi, lorsque l’on sort du contexte professionnel, le Champagne doit rester un moment de plaisir et de partage. J’opterais donc pour la fin de journée avec de la famille ou des amis, des gens qui comptent.

Y a-t-il un vigneron que tu admires ?

Vous l’avez compris, je suis un grand adepte des vins natures, ce qui correspond assez à la philosophie de la Maison. J’aime beaucoup le travail de Jean-Pierre Amoreau, qui dirige le Château Le Puy, dans le bordelais. Il a une grande expertise des vins natures et sans soufre et c’est très intéressant d’échanger avec lui. Ces vins produisent des émotions vibrantes, ils ont une belle énergie. Et en plus, la bouteille est abordable !

Quelle est ta passion en dehors du champagne ?

Je suis un passionné d’aviation et de pilotage. Ça demande beaucoup de technique et de précision et j’adore ça. Ça me permet de m’évader, de sortir du cadre professionnel et de passer un moment plein de sensations. J’en fais depuis que j’ai 14 ans.

Où pourrions-nous te rencontrer ?

Il y a un endroit que j’apprécie beaucoup, à Troyes : aux Crieurs de Vin. J’y vais régulièrement boire un verre et manger un morceau.

La nouvelle génération de vignerons fait définitivement souffler un vent de fraîcheur sur la Champagne. Une génération pleine d’idées et de ressources, toujours prête à innover et à se challenger. En somme, une génération à suivre…